PANACHE

HELLO PEDRO

Merci le train. 

Le paysage qui défile à ma droite et la mélancolie des textes de Flavien Berger qui résonnent dans mes oreilles m’ont redonné l’envie d’écrire. Finalement, je ne suis qu’un être doux et romantique. Je me dégoûte. 

Nous n’étions pas encore confinés lorsque j’ai débuté l’écriture de ce texte, je précise pour éviter une lapidation numérique par le merveilleux tribunal populaire des réseaux sociaux 🙂 

Dans un premier temps, je vous présente toutes mes excuses pour ma disparition totale sur Panache, mais ces derniers mois mon engouement à l’idée de partager mes pensées ici avec vous, s’est très profondément noyé dans mes angoisses. Ouai, la biatch de pandémie mondiale qui nous a volée nos libertés et nos proches m’a vraiment bien calmée. En contrepartie, les longues journées d’enfermement imposées m’ont tout de même permis de réfléchir au sens de mon existence en matant un max de séries sur Netflix. C’est donc grâce à Tokyo et Nairobi que j’ai pris la décision de braquer une banque mais également de me délester de tout ce qui ne me convenait plus. Malheureusement, ma peur des armes à feu m’a poussée à laisser tomber le casse que j’avais pourtant finement organisé seule dans ma tête un soir en pleine épilation des demi-jambes. Alors pour compenser le manque de sensations fortes, j’ai pris une autre décision : quitter mon taf ! 

Ce départ était devenu inévitable quand une pensée inondait mon esprit depuis des mois jusqu’à le posséder complètement. 

Je ne suis pas à ma place

Vous me direz, est-ce que sans le confifi tu aurais pris la même décision ? Je crois que je ne sais pas. Et si toi tu le sais, soit t’es carrément mytho, soit t’es carrément devin et donc : vas-y, c’est quand le p….. de vaccin ? 

Il y a encore quelques années ce genre de tournant professionnel m’aurait galvanisée. Je me disais que la vie était un saut permanent dans le vide, rythmé par de belles ou d’obscures expériences qui me passionneraient jusqu’à mon dernier souffle. Vous l’avez compris, il y a peu de temps, je vivais dans un film d’Almodovar et j’avais décroché le premier rôle ! Cette fois, la nouveauté n’a pas eu le même effet du tout sur moi. Bye-bye Pedro. 

Il faut dire qu’après mon départ de la matinale d’NRJ, j’ai reçu un grand nombre de messages privés sur Instagram avec toujours cette même question : “Tu vas faire quoi maintenant ?”. Même si JE SAIS que l’intention est strictement bienveillante, j’ai eu l’impression d’avoir des comptes à rendre et de devoir justifier d’une actualité super rapidement. Quelle pression envers une personne qui n’en a jamais reçu ! Je pense n’avoir même jamais entendu un “Tu as eu combien à ton contrôle ?” de la part de mes parents. Laxistes ? Auriez-vous un adjectif qualificatif plus fort en stock ?  “Ton permis, vas y quand tu te sens vraiment prête, mais surtout prends ton temps, no stress.”

Hey salut, c’est Pauline NoStress, 32 ans, révise son code depuis 6 mois, ultra tranquille !

Le pire lorsqu’on repart à zéro et qu’on bosse dans les médias, c’est l’angoisse quotidienne de ne pas réussir ses projets, qu’ils soient rejetés ou pas likés sachant qu’il faut désormais prendre en compte le fait qu’une vie professionnelle peut prendre un virage à trois cent soixante degrés seulement parce qu’une poignée de pouces ont marqué leur validation sur un écran. Se dire que son destin dépend d’inconnus qu’il faut distraire toujours plus vite, avant qu’un autre contenu plus sensationnel attire leur attention.  

Enchantée, Pauline, 64 ans, polémiste dépassée par les réseaux sociaux et leur influence sur le monde. 

Enfin voilà, vous avez compris, j’ai pris des décisions et puis j’ai grave flippé. Durant toutes les phases de cette gestation professionnelle, j’ai commencé à me sentir extrêmement bien puisque retravailler ses rêves et ses ambitions, c’est très excitant ! Mais voilà, en attendant de se concrétiser, il faut assumer ses choix et ça, c’est clairement moins fun… parce que le chômage, c’est tout sauf fun. Surtout quand on est intermittente, hyper-active, passionnée et très angoissée par le vide, le temps qui file et les tee-shirts col V (ça n’a rien à voir, mais il fallait que ça sorte). 

Bah ouai, Pauline, 19 ans, qui ne comprend rien au statut d’un intermittent au chômage (à sa décharge les conseillères Pôle emploi non plus.). 

Après ces quelques mois de conflits intérieurs, le nuage d’incertitude qui tourmentait mon esprit s’est doucement dissipé parce que je sais au fond de moi que j’ai fait le bon choix et qu’il me rend heureuse. J’arrive à peu près à définir ce que je veux, mais surtout, je sais sincèrement ce que je ne veux plus. Quel bonheur de se faire peur et de prendre le risque de vivre des échecs ou des victoires avec panache ! 

Youhou, c’est Pauline, 42 ans, coach en développement personnel, fan de Chai latte et de legging en coton bio.  

Rien n’est plus exaltant que d’imaginer des concepts. Ecrire, interroger, raconter, faire rire, faire pleurer, c’est ça mon métier. Plus que tout, rencontrer toutes sortes de personnes pour dévoiler toutes sortes d’histoires.

Bonjour, Pauline, 51 ans, prof de Français, fan de verbe à l’infinitif et de mâchouilles sur la branche de ses lunettes quand elle réfléchit parce que c’est hyper sexy. 

Hop, hop, hop, on ne s’emballe pas. Le Happy End n’est pas au rendez-vous. Je vous rappelle qu’on est en 2020 les amis. Un chemin jonché d’embûches réduit souvent toutes mes belles ambitions à néant. Par embûches, je parle entre autres du vilain virus qui nous permet de ne plus se faire la bise (j’essaie d’y trouver quelques bons côtés.) ou je parle aussi des extrêmes auxquels on ne peut pas trouver de bons côtés. 

Je vais tout de même contourner les obstacles et tenter de vous divertir parce que je ne suis pas en guerre comme il dit, je suis en paix. 

“Allez Pedro, reprend-moi sur les plateaux. Mon nouveau rôle est beaucoup plus dingue que le précédent !

Holà, c’est Pauline, qui s’en fiche de l’âge. Reconfinée, mais libre comme jamais ! 

Ps : pour connaître la suite de mes aventures va falloir continuer de lire Panache ! 

12 Comments

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Merci ! Faire un choix pro est toujours anxiogène mais l’assumer et en être heureuse parceque libre d’être soi c’est la vie alors go Pauline va retrouver Pedro et à très vite sur Panache.
🥰

Wahou, j’aurai pu écrire ce texte dans mon journal intime. Notre génération qui ne sais pas trouver sa place, ne sais pas quoi faire et cette pu… de pression sociale 😱. J’aime ce texte, j’aime ton panach…. 😉

Est ce qu’un vieux qui pourrait être ton père est légitime pour laisser un commentaire ?
En tout cas je comprends parfaitement ta décision et j’espère seulement que le contexte sanitaire ne va pas mettre trop d’obstacles à tes projets.
Vis tes rêves, c’est un bien inestimable !

C’est tellement courageux de faire des choix de vies que d’autres subissent…ce confinement aura été révélateur pour beaucoup. Bravo à toi d’avoir osé!

Magueenifique mon chère amour de fille, du rythme, de l’énergie, de l’humour , de la détermination, de l’espoir une vraie danse des mots des saltos, des pirouettes, j’ai adoré te lire, c’est toi, comme si tu discutais en chair et en os devant moi.
Bravo bravo bravo !
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Merci chère Pauline pour avoir repris la plume; continuez à être légère, grave, drôle et mélancolique.., bref extrêmement vivante. Ne laissez pas les fâcheux vous dicter leur loi, tous les « il ne faut pas ou il faut…. »…. qu’ils aillent au diable. Et de temps en temps revenez nous conter vos pérégrinations.

Découverte fe panachestory via cette lecture que j’ai beaucoup appréciée. Sincère, drôle et pleine de sentiments dévoilés que l’on ressent vivement. J’ai a-do-ré.
Vivement la suite 😊

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